Qui est l’éducateur de jeunes enfants?
La mission des éducateurs de jeunes enfants consiste à « accompagner des jeunes enfants, dans une démarche éducative et sociale globale en lien avec leur famille » selon le décret du 3 novembre 2005. Anciennement appelé « jardinière d’enfant », les 20 000 éducateurs de jeunes enfants (en 2006) interviennent auprès des enfants de 0 à 7 ans. Ces spécialistes de la petite enfance sont à 70 % des femmes.
Définition
"L'éducateur de jeunes enfants est un travailleur social spécialiste de la petite enfance. Ses fonctions se situent à trois niveaux : éducation, prévention, coordination. En créant un environnement riche et motivant, il contribue à l'éveil des jeunes enfants et à leur apprentissage à la vie sociale. Il crée un environnement permettant la construction de liens sociaux et un accompagnement de la fonction parentale. Pour accomplir ses missions, il est amené à développer des partenariats avec les professionnels du champ sanitaire, social et de l'éducation nationale".
Le rôle de l'éducateur de jeunes enfants est défini par :
- La prise en charge du jeune enfant dans sa globalité en lien avec sa famille : ce qui suppose une éthique, des connaissances et des techniques spécifiques. Cela entraîne, en outre, un travail en équipe, l'élaboration, la mise en œuvre, l'évaluation des projets éducatifs et sociaux et la contribution au projet d'établissement et de service.
- Un positionnement particulier dans le champ du travail social : spécialiste de la petite enfance, il a pour mission d'adapter ses interventions aux différentes populations, de lutter contre les risques d'exclusion, de prévenir les inadaptations socio-médico-psychologiques. Il crée un environnement permettant la construction de liens sociaux et un accompagnement de la fonction parentale. Pour accomplir ses missions, il est amené à développer des partenariats avec les professionnels du champ sanitaire, social et de l'éducation nationale.
- Une fonction d'expertise éducative et sociale de la Petite Enfance : il est acteur des politiques sociales territoriales. Il formule et recense les besoins en modes d'accueil, développe concertation et partenariats locaux, favorise et veille à l'adéquation entre les politiques sociales et leur mise en œuvre dans l'environnement où il évolue. On recense environ 14000 éducateurs de jeunes enfants (données 2004) employés par les collectivités territoriales (communes, départements) et des associations et structures privées.
Compétences - Fonctions
- Développer des pratiques adaptées d'accueil et d'accompagnement du jeune enfant et de sa famille. (DC1)
Reconnaître et faciliter au quotidien la fonction parentale.
Contribuer à une démarche de prévention précoce autour des premiers liens d'attachement.
- Favoriser le développement global de l'enfant et viser son inscription sociale dans ses différents milieux de vie (famille, école, loisirs…). (DC2)
Concevoir et mettre en œuvre des actions de prévention sur les questions d’éducation, de santé et d'exclusion sociale.
- Contribuer à l'élaboration et à la conduite du projet socio-éducatif au sein d’une équipe pluri professionnelle de l’établissement ou du service. (DC3)
Assurer en l'équipe la cohérence de l'action socio-éducative auprès des jeunes enfants en coopération avec les parents
- Inscrire les projets et interventions socio-éducatives dans les réalités propres aux institutions et aux politiques de la petite enfance. (DC4)
Participer à l'action sociale territorialisée et à la synergie des compétences des différents acteurs.
Outils spécifiques :
- Observation, écoute, verbalisation (sens de la parole)
- Connaissance du jeune enfant (développement global: affectif, cognitif, psychologique, moteur, social)
- Médiations et actions éducatives pour favoriser la connaissance de soi, le goût des autres, de la citoyenneté et de l'ailleurs (Jeu, éveil culturel et artistique: ateliers de peinture, modelage, dessin, marionnettes, livres, comptines, musique, psychomotricité...)
- Aménagement de l'espace
- Rencontres Parents /professionnels
- Ateliers Parents/Enfants animés par un professionnel
- Force de proposition au sein d'une équipe (élément moteur), porteur de projets divers, dont le projet éducatif)
- Partenariat, passerelles avec les structures environnantes, parce que l'enfant est un être social avant tout
Ses qualités
Un bon éducateur de jeunes enfants est une personne qui possède une bonne créativité. Mais les qualités impératives pour exercer ce métier sont une grande patience et une grande résistance psychologique et physique. L’éducateur doit être à l’écoute des enfants, il doit donc être disponible et avoir un grand sens de l’observation pour remarquer la moindre anomalie et pour ensuite y remédier. Ce métier exige aussi le travail en équipe car l’éducateur de jeunes enfants est un maillon de la chaine éducative des enfants.
La formation
Il n’existe qu’un seul diplôme pour devenir éducateurs de jeunes enfants : le diplôme d’Etat d’éducateur de jeunes enfants. Il est obligatoire pour faire ce travail. La formation dure 3 ans avec un stage de 15 mois. La formation se déroule dans une école agréée par le ministère de l’emploi et de la solidarité. La formation est répartie en 4 domaines :
- Accueil et accompagnement du jeune enfant et de sa famille (400h)
- Action éducative en direction du jeune enfant (600h)
- Communication professionnelle (250h)
- Dynamiques institutionnelles, inter-institutionnelles et partenariat (250h).
Le premier domaine de formation est centré sur la connaissance du jeune enfant et de la famille. L’établissement de formation devra transmettre les connaissances et techniques permettant l’élaboration d’un projet d’accueil individualisé prenant en compte l’enfant dans sa globalité et son environnement familial. Dans cette perspective, seront également étudiés l’accompagnement et le soutien à la fonction parentale.
Le deuxième domaine de formation doit tout d’abord apporter des connaissances sur le développement de l’enfant ainsi que sur la prévention des facteurs pouvant l’impacter. Il doit permettre de donner les moyens techniques, méthodologiques et psychopédagogiques pour mener une action éducative en collectivité. L’établissement de formation doit ainsi mettre à disposition des étudiants les éléments nécessaires à la conception, la mise en place et l’évaluation d’un projet éducatif.
Le troisième domaine de formation est relatif à la communication. Il doit apporter aux étudiants des bases théoriques sur les supports de la communication et ses enjeux. Sera ainsi étudiée la sociologie des organisations, avec un accent particulier sur celles intervenant dans le secteur de la petite enfance. Ce domaine de formation apportera également des connaissances sur les composantes relationnelles et psychosociales en situation de communication professionnelle. Enfin, la communication sera abordée dans la perspective de la dynamique de groupe.
Dans le dernier domaine de formation, l’établissement de formation devra apporter aux étudiants des éléments sur l’organisation administrative et institutionnelle ainsi que sur les politiques publiques et plus particulièrement dans le secteur de la prise en charge du jeune enfant et de sa famille. Ce domaine de formation doit ainsi permettre à l’étudiant de disposer des outils lui permettant de se situer dans des actions partenariales.
Pour postuler au concours, il faut être titulaire du Bac, d’un diplôme d’Etat ou un certificat d’aptitude au travail social ou paramédical de 2 ans ou un diplôme professionnel d’auxiliaire de puéricultrice avec une expérience professionnelle de 3 ans. L’examen est organisé par les directions régionales des affaires sanitaires et sociales.
Allègements
Précisés par l'arrêté du 16 novembre 2005
Article 7
Pour les candidats titulaires d'un diplôme de travail social enregistré au niveau III du répertoire national des certifications professionnelles, le tableau en annexe 4 du présent arrêté précise, d'une part, les dispenses de domaines de formation et des épreuves de certification afférentes dont ils bénéficient et, d'autre part, les allégements de formation dont ils peuvent bénéficier.
Article 8
Les candidats titulaires de diplômes correspondant aux conditions ci-dessous énumérées peuvent bénéficier, sur leur demande, d'allégements de formation dans la limite maximale de :
a) Un tiers de la durée de formation pour les candidats :
- titulaires de diplômes sanctionnant deux années au moins d'études accomplies après le baccalauréat ;
- titulaires du certificat d'aptitude aux fonctions de moniteur-éducateur ;
- titulaires du diplôme d'Etat de technicien de l'intervention sociale et familiale ;
- titulaires du diplôme professionnel d'auxiliaire de puériculture ;
b) Deux tiers de la durée de formation pour :
- les titulaires d'au moins une licence ou d'un titre admis en équivalence ;
- les titulaires d'un diplôme universitaire de technologie, mention carrières sociales ;
- les titulaires du diplôme d'Etat d'infirmière ou de puéricultrice.
Article 9
Les allégements de formation visés aux articles 7 et 8 ne peuvent entraîner un allégement de la formation théorique supérieur aux deux tiers de la durée totale de celle-ci. Le protocole d'allégement élaboré par l'établissement de formation précise les allégements prévus pour chacun des diplômes en permettant.
Le directeur de l'établissement de formation établit pour chacun des candidats un programme de formation individualisé au regard des allégements de formation ou des dispenses de certification qu'il a obtenus.
Tableau en annexe 4 de l'Arrêté:
- Diplôme d'Etat d'assistant de service social : Allègement DF1 et DF2, dispense DF3 et DF4
- Diplôme de conseiller en économie sociale familiale: Allègement DF1 et DF2. Dispense DF3 et DF4
- Diplôme d'Etat d'éducateur spécialisé: Allègement DF1 et DF2. Dispense DF3 et DF4
- Diplôme d'Etat d'éducateur technique spécialisé: Allègement DF2, Dispense DF3 et DF4
- Diplôme d'Etat relatif aux fonctions d'animation: Allègement DF2, Dispense DF3 et DF4
La dispense d’un domaine de formation entraîne la validation du domaine de compétence correspondant et donc la dispense des épreuves de certification s’y rapportant.
Rémunération :
La rémunération pour un éducateur de jeunes enfants en début de carrière travaillant dans la fonction publique est de 1362 euros et elle peut atteindre 2366 euros en fin de carrière. On constate que la rémunération est un peu plus élevée dans le secteur privé : 1444 euros en début de carrière et 2297 euros en fin de carrière.
Perspectives d’évolution :
L’éducateur de jeunes enfants peut suivre une formation continue pour évoluer dans son métier. Il peut soit se spécialiser ou se reconvertir : Diplôme d’Etat d’éducateur spécialisé, DE aux fonctions d’animateur ou le diplôme supérieure en travail social. Il peut aussi après quelques années et des formations supplémentaires devenir responsable d’une structure d’accueil ou prendre la direction d’une crèche.
Les conditions d'admission
Le concours
Les épreuves de sélection sont organisées par chaque centre de formation selon les modalités prévues par leur règlement d’admission.
L’épreuve d’admission, orale, est un entretien avec un jury, qui peut être composé de deux à trois professionnels : un éducateur de jeunes enfants, un psychologue intervenant dans le secteur d’activité, un formateur. Le curriculum vitae du candidat peut être le support de cet entretien.
Objectif : apprécier l’aptitude et la motivation du candidat à l’exercice de la profession, compte tenu des publics pris en charge et du contexte de l’intervention, ainsi que son adhésion au projet pédagogique de l’établissement.
Dans certains centres de formation, une épreuve de groupe peut être demandée. Son objectif est d’évaluer les qualités relationnelles (contact, écoute, échange, participation), la capacité à contribuer à l’élaboration d’un travail collectif, la créativité.
Le jour de votre concours d’entrée, vous aurez en général :
1) Une épreuve écrite durant entre 3 et 4 heures pouvant comporter:
- Un qcm d’actualités sociales
- Un qcm de culture générale
- Des tests psychotechniques
- Une dissertation ou un commentaire de texte ou une synthèse de documents ou un résumé de texte.
Nous vous conseillons lors de votre inscription de bien vous faire préciser à quels types d’épreuves vous aurez affaire le jour du concours, afin d’optimiser au mieux votre préparation.
2) Une épreuve orale
a) individuelle
Elle est variable en fonction des écoles, plus ou moins structurée, des questions de type fermé très précises, à des questions ouvertes plus larges, il dure entre 20 et 40 minutes.
L’entretien peut porter sur : Votre biographie ou votre autoportrait, vos motivations, votre projet, des questions d’actualités, de culture générale, des questions sur un ouvrage, livre, film, revue,… le contenu du programme des études envisagées, le financement de votre projet de formation, le contenu de vos stages, la connaissance du métier…
b) de groupe
Elle peut durer entre 1 heure et 3 heures. Plusieurs supports peuvent être envisagés : Une étude de cas professionnel, une mise en situation,...
Critères d’évaluation :
- Capacités de participation et de coopération dans le cadre d’une action collective,
- Contribution au travail de groupe (contenu, apport d’idées, de connaissances, pertinence des questions), - Capacités d’organisation (méthode, clarification, synthèse),
- Qualités relationnelles (écoute, respect de l’autre, pondération)
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